Protections hygiéniques polluantes et toxiques : changeons les règles !

La taxe tampon : c’est ainsi qu’est nommée la TVA sur les produits d’hygiène féminine. Reconnus comme produits de première nécessité le 1er janvier 2016, tampons et serviettes ont vu leur taxe passer de 20 à 5,5%. Mais cette baisse ne se répercute pas forcément sur le prix des produits (comme d’habitude, certains distributeurs en profitent pour augmenter leurs marges).

Cependant, tampons et serviettes jetables sont-ils vraiment nécessaires ? Savez-vous qu’elles renferment des substances nocives pour vous et pour l’environnement ? Savez-vous qu’il existe des alternatives pour les protections hygiéniques ?

Du poison dans nos tampons !

Une enquête de 60 millions de consommateurs révélait la présence de  lindane et de quintozène, deux pesticides interdits en Europe depuis 2000. Le glyphosate, le poison phare de Monsanto, y est également présent.

Des tests réalisés en 2016 ont mis en évidence la présence de nombreux hydrocarbures aromatiques polycycliques ou de phtalates dans les serviettes et protège-slips, de dioxines, furanes et phtalates dans les tampons. Ces substances ont des effets potentiellement cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques. Quand on sait que les femmes ont de plus en plus de mal à concevoir un enfant, ces poisons ne risquent pas de faciliter les choses.

Ainsi la dioxine pourrait impacter la fertilité, le fonctionnement ovarien, la capacité à mener une grossesse à terme, l’équilibre hormonal et favoriser l’endométriose. Certes, ces substances se trouvent à des taux inférieurs aux seuils sanitaires. Mais ces seuils n’ont pas été établis pour une exposition prolongée et répétée via la vulve ou les muqueuses vaginales.

Une pollution à grande échelle

Une marque bien connue de produits d’hygiène féminine met en ligne les ingrédients utilisés dans la fabrication des serviettes intimes pour prouver l’innocuité de sa marchandise.

Qu’y retrouve-t-on ?

· polymères et résines synthétiques pour l’adhésif

· Polyéthylène pour le feuillet extérieur

· Encre pour mettre en évidence la zone d’absorption

· Polyéthylène pour le sachet

· Fibres de polyester, latex synthétique pour la couche de transfert

· Polypropylène pour le voile de surface

Une femme utilise 10 000 protections hygiéniques (tampons, serviettes, protège-slips) au cours de sa vie. Ce sont chaque année, plus de 45 milliards de serviettes hygiéniques qui sont jetées dans le monde

Les protections hygiéniques sont soient incinérées et libèrent alors dans l’atmosphère les substances nocives citées plus haut , soit mises en décharge. A moins d’avoir été jetées dans les toilettes. Parfois elles finissent en déchets sauvages et se retrouvent dans les océans, impactant gravement la faune marine.Quoiqu’il en soit, elles ne sont ni écologiques, ni biodégradables. Il faut 500 ans à une protection hygiénique pour se dégrader.

Des solutions alternatives

Les publicitaires nous ont fait croire que les produits d’hygiène féminine jetables étaient indispensables. Mais de nombreuses alternatives existent.

1. Les serviettes hygiéniques lavables

Elles sont plus chères à l’achat bien sûr mais durent toute la vie. Financièrement, vous serez gagnante. Vous les trouverez en magasin bio et également sur de nombreux sites internet. Si vous avez l’âme d’une couturière, vous pouvez les fabriquer vous même. En plus, elles sont tellement plus jolies visuellement !

Une serviette lavable doit être changée au moins une fois toutes les 8 heures. Bien sûr, cela varie selon l’importance du flux.

En cas de flux légers, vous utiliserez environ 3 serviettes par jour. Un stock de 5 à 6 serviettes devrait être suffisant si vous faites une machine tous les deux jours.

En cas de flux moyens, 4 serviettes de jour et 1 de nuit sont nécessaires. Un lot de 8 serviettes lavables sera suffisant.

En cas de flux abondants, 10 serviettes lavables de nuit sont indispensables.

Les protections changées en journée, pendant le travail, peuvent être repliées et placées dans un petit sac de transport. Une fois à la maison, l’idéal est de les rincer à l’eau froide et de frotter un peu avec du savon détachant. Il ne reste plus qu’à les mettre en machine avec le reste du linge. Elles mettent environ 24h à sécher.

2. La coupe menstruelle

Certes, elle est constituée de silicone non recyclable, mais sa durée de vie se situe entre 5 et 10 ans. Bref, quatre coupes menstruelles sur une vie sont bien moins polluantes que 10 000 protections hygiéniques n’est-ce pas ? Il faut quelques jours d’adaptation pour apprendre à bien l’insérer et la retirer.

Il faut la stériliser dans une casserole d’eau bouillante en début et fin de cycle. C’est tout ! Il n’y a pas d’autres contraintes. Pas d’odeurs, pas besoin de poubelle, un confort absolu !

Il convient de la vider et de la rincer toutes les 8 heures au maximum. Lavez-vous les mains avant et après chaque insertion.

3. L’éponge de mer

Récoltée dans la mer, elle est lavée et purifiée sans produits chimiques. Après l’avoir humidifiée, elle s’insère simplement dans le vagin et n’assèche pas la flore vaginale. Il faut la changer toutes les 4 heures.

Cette solution est sans doute moins intéressante car l’éponge n’a qu’une durée de vie de 6 mois (pour un coût variant entre 5 à 10 euros par éponge). Attention au stérilet : l’éponge peut le déplacer.

4. La culotte menstruelle

Elle a généralement une capacité d’absorption équivalente à 3 tampons et peut donc être portée toute la journée sans risque de fuites. Elle est réutilisable une centaine de fois. La culotte s’entretient de la même manière que la serviette hygiénique lavable.

L’achat de 3 culottes semble suffisant pour couvrir tout le cycle.

5. Le flux libre instinctif

Il existe une autre méthode bien moins utilisée : le flux libre instinctif. Il s’agit de retenir le flux sanguin et de le laisser s’écouler en allant aux toilettes. Cette méthode requiert d’être à l’écoute de son corps car contracter le périnée pour éviter que le flux ne s’écoule n’est pas si évident. Cette méthode reste plus compliquée à appliquer en cas de flux abondant, de pratique sportive ou la nuit. Mais les habituées y arrivent et chaque personne a la possibilité de s’y essayer. Il est préférable de faire ses premières tentatives à la maison, au calme, en début de règles quand le flux est léger pour apprendre à sentir en pleine conscience ce qui se passe dans son corps, apprendre à se réapproprier son corps. L’important est d’y aller petit à petit, à son rythme.

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