Dons d’objets et échanges de services, 15 sites pour une économie du partage

L’économie collaborative (ou sociale et solidaire, ESS) tente de promouvoir une autre manière d’envisager l’activité humaine et les échanges de ressources. Dans ce cadre fleurissent depuis quelques années un certain nombre de sites qui permettent aux usagers de faire des dons d’objets et de services. Cela permet la réduction des déchets (seconde vie pour les objets), la mise en valeur de compétences et la création de lien social (échanges de services). A l’opposé de la logique marchande, qui veut que celui qui détient quelque chose en tire profit aux dépens de celui qui en a besoin, l’économie du partage implique une vision égalitaire et altruiste de la société.

Nous avons répertorié une vingtaine de sites sur le réseau francophone. Ils ne sont pas seulement destinés à ceux qui ont de faibles ressources, mais aussi à ceux qui souhaitent sortir de l’emprise du néo-libéralisme, pour tenter d’en limiter les conséquences néfastes sur l’écosystème humain dans ses différentes dimensions (sociales, écologiques, philosophiques, économiques, etc.)

Les sites de dons d’objets

https://donne.consoglobe.com/

Vous pouvez y donner ou y trouver à peu près tout, de la terre végétale à la cheminée en passant par des lapins ou de l’électro-ménager. La recherche peut se faire par région, ville, rubrique ou mot clef. Le bémol : il n’y a pas de date pour les annonces, on ne sait donc pas si elles sont récentes ou non, et les objets non disponibles continuent à apparaitre.

https://donnons.org/

Le site revendique près d’un million d’utilisateurs, et
2 600 000 objets donnés. La recherche se fait par région, ville et catégories d’objets. Certains dons sont interdits : armes et munitions, animaux, nourriture (sauf pour animaux), bons de réduction, cosmétiques, médicaments, objets à caractère sexuel, produits dangereux, véhicules sans carte grise, tabac et cigarettes électroniques. Les donneurs sont évalués par les preneurs, ce qui sécurise les échanges. Intéressant : on y trouve des places de spectacle, des combustibles, des décorations de fête… Les annonces sont datées et retirées quand le don a été validé.

https://fr.freecycle.org/accueil/

Avec 7 millions de membres, 4 775 groupes présents dans
95 pays, le réseau freecycle est de loin le plus important à l’échelle mondiale. Moins simple d’utilisation que les autres sites, mais plus convivial puisqu’il faut se mettre en contact avec les responsables de votre groupe local, il est présent dans 131 communes en France. La recherche se fait par ville et par région. Son ergonomie n’est vraiment pas top et je n’ai pas réussi à trouver d’objets dans ma région. Mais ce peut être intéressant de s’appuyer sur le réseau pour créer un nouveau groupe.

https://www.toutdonner.com/

Très actif, le site est facile d’utilisation. La recherche se fait par département et catégories d’objets. Un moteur de recherche avancé permet de cibler directement la demande (exemple : canapé à Nancy). Les annonces sont datées et illustrées de photos. Le site existe aussi en Belgique et au Québec (https://www.toutdonner.be/ et https://www.toutdonner.quebec/). Les restrictions de dons sont les mêmes que sur donnons.org

https://geev.com

Jouant sur la sonorité anglaise du verbe « to give » (qui signifie donner), ce site – qui est aussi une application avec géolocalisation – est original dans son offre. On peut y donner de la nourriture, effectuer une recherche par demande (pour les donneurs), et surtout voir quels sont les objets à donner près de chez soi, dans un rayon qu’on détermine soi-même. De plus, on peut aussi opérer une sélection ciblée sur l’état de l’objet (bon état, comme neuf, etc). Seul bémol : les catégories sont un peu moins nombreuses que sur les autres sites. Les donneurs ne sont pas évalués. Une offre premium est proposée.

https://www.co-recyclage.com/recuperer-objet.php

L’interface présente les derniers objets proposés au don, avec la date et la localisation précise. Très actif également, il a l’avantage d’être plus précis que les autres dans la catégorisation. Celle-ci va des billets de spectacle au matériel de puériculture, en passant par le matériel de bureau et le linge de maison. La recherche se fait par mot clef, département et catégorie. Il faut s’inscrire pour voir les annonces en entier. Le site est associé à
http://objetgratuit.com/ : il faut passer par le premier pour être mis en relation sur le second.

https://www.simpletroc.com/v2/

Ici il ne s’agit pas de don pur mais de troc, d’échanges d’objets. Près de 16000 objets sont proposés, mais le site est un peu moins actif que les autres (une annonce par jour environ). On peut aussi y faire de l’échange de maison et de services. Les objets proposés ont plus de valeur que sur les autres sites : on y trouve par exemple des consoles de jeu, des meubles de valeur.h

http://www.recupe.net/index.html

Extrêmement actif (plus d’une cinquantaine de dons par jour), il a l’inconvénient d’être d’une ergonomie peu agréable et d’être pollué par les pubs qui cachent en partie les photos des objets. Les recherches se font par pays, région, département, catégorie.

Il existe d’autres sites en ligne de dons d’objet mais qui ne sont pas/plus actifs.

Notons aussi l’existence des gratiférias : c’est le même principe qu’un vide-grenier, mais tout est gratuit. Il s’en organise un peu partout, notamment à l’occasion de festivals écocitoyens, mais pas seulement.

Les sites d’échanges de services

Vous connaissez peut-être déjà les SEL ? Ce sont des Systèmes d’Echange Local, ou Services d’Echange Local, des groupes de personnes qui pratiquent l’échange multilatéral de biens, de services, et de savoirs. Ils existent depuis 1995. Chaque groupe – il en existe plus de 600 – est constitué en association, à laquelle il faut adhérer, et son fonctionnement est autonome. Les adhérents ont un solde créditeur qui évolue en fonction du temps passé à rendre des services ou des objets donnés. Ils l’utilisent pour obtenir des services ou des biens. On est donc sur une logique de troc de temps via une monnaie virtuelle (dénommée fleur, grain de sel, hippopotame…) qui n’est pas utilisable en dehors de l’association. Dans les faits, les règles sont plutôt souples et les gens ne comptent pas vraiment leur temps, l’idée étant plus de s’entraider qu’autre chose. Trouver le SEL proche de chez vous ici : https://annuairedessel.org/

Les Accorderies sont une exacte réplique des SEL. On en trouve aussi un peu partout. Le réseau permet de créer facilement une nouvelle accorderie.

http://www.yakasaider.fr/

Ce site fonctionne sur le même principe que les SEL, mais il faut passer par le site (c’est moins convivial). On crédite son compte du nombre d’heures qu’on passe à rendre service, et on bénéficie du même nombre d’heures pour obtenir d’autres services. On y trouve des services d’entretien de la maison, de coaching, de baby-sitting, de plomberie, de cuisine, de traduction, etc.

http://www.lespartagheures.fr/

Toujours le même principe d’échange de temps (comptabilisé en sabliers). La plateforme compte assez peu d’utilisateurs. Les membres participants sont évalués.

https://www.welp.fr/

La communauté compte près de 45000 welpers, répartis dans toute la France. On peut y demander de l’aide pour déménager, suivre des cours, faire garder son chien ou tailler une haie, etc. Pas de rémunération, pas d’échange, pas d’engagement : sur Welp chacun aide gratuitement quand il veut et quand il peut. Les personnes qui aident sont évaluées par celles qui ont été aidées, ce qui permet une certaine confiance. On peut y déposer une annonce pour demander de l’aide, ou en offrir.

https://pwiic.com/fr/Services/entraide/le-site-de-troc-et-echange-de-service-entre-particuliers

Ce site a l’avantage de proposer des offres en France et en Belgique. On a le choix entre échanger des services ou se faire rémunérer (sans commission de la plateforme). La mise en relation est sécurisée.
« De la simple demande de bricolage aux travaux plus complexes en passant par la location d’un objet, par la recherche d’un covoiturage, ou d’un professeur de guitare, Pwiic permet de trouver ou proposer n’importe quel service en une seule phrase. Pas de recherche dans les catégories longues et fastidieuses, une simple phrase suffit, grâce à l’intelligence artificielle (PwiicBot) qui interprète la demande ou l’offre, la localise et organise le matching entre les membres de la communauté, des particuliers et professionnels à proximité susceptibles de pouvoir répondre à un besoin ». Les annonces sont visibles sur la page d’accueil, sans inscription.

Enfin, les Réseaux d’Échanges Réciproques de Savoirs (RERS) fonctionnent en associations autonomes qui permettent d’assister à des ateliers, conférences, stages de formation, gratuitement et avec pour seule obligation de devenir adhérent. Il en existe sûrement un près de chez vous ?https://www.rers-asso.org/trouver-rers.htm

Contrairement à ce que l’on pense, on peut tout à fait obtenir objets et services sans argent, ainsi que l’a démontré Mark Boyle dans son livre « L’homme sans argent« . De plus en plus d’initiatives en ce sens démontrent un changement de mentalité qui prend de l’ampleur.

Cécile Duclem

Journaliste indépendante, je cherche à montrer qu'un autre monde est possible.

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